
Les Français passent de moins en moins de temps devant la télévision, toutes chaînes confondues. Selon Médiamétrie, la durée moyenne d'écoute de ce média est tombée à 3 h 27 au premier semestre, contre 3 h 32 sur la même période en 2007. Contrairement à une idée reçue, cette baisse n'est pas imputable à l'intensité de l'actualité. Ainsi, sur la même période en 2006, la durée d'écoute était de 3 h 31, alors qu'aucun événement comparable à l'élection présidentielle de 2007 n'était venu doper la consommation de télévision.
«Que l'on cumule toutes les chaînes sur cette période ou que l'on ne s'intéresse qu'aux grandes chaînes hertziennes, comme TF1 ou M6, la durée d'écoute de la télévision baisse de 2 à 9 % sur toutes les cibles», note Isabelle Vignon-Rambaud, directrice des études chez Aegis Media Expert.
Mais les grandes chaînes sont dans l'œil du cyclone. Entre janvier et juin 2008, le temps passé par les téléspectateurs devant leurs programmes est tombé de 2 h 58 à 2 h 40, soit une baisse de 18 minutes. Si les plus de 50 ans restent fidèles, les autres désertent : le temps d'écoute des jeunes de 15 à 24 ans a chuté de 21 % et celui de la fameuse ménagère de moins de 50 ans de 14 %. Or, la baisse sur ces cibles très courtisées par le marché publicitaire n'est de l'ordre que de 5 % sur l'ensemble des chaînes. Cette désaffection de la ménagère de moins de cinquante ans pour les chaînes historiques implique sans doute pour ces dernières de revoir leur stratégie de programmation en profondeur.
En revanche, dans des proportions toutefois modestes, les nouvelles chaînes de la TNT ne cessent d'augmenter leur durée d'écoute puisque, sur la même période, cette dernière, qui était de 10 minutes par jour en 2007, est passée cette année à 21 minutes. Ainsi, c'est bien l'effondrement des télévisions historiques qui pénalise ce média dans son entier.
Nul doute que les nouvelles formes de consommation de l'image expliquent cette désaffection. Si Médiamétrie ne peut encore produire de chiffres définitifs, les experts affirment que c'est chez les détenteurs de Box ADSL soit près de 14 % des foyers français aujourd'hui que se dessinerait la plus forte baisse de la durée d'écoute de la télévision classique. Or ce sont ces équipements qui permettent notamment de consommer sur Internet les programmes à la carte et de se dégager de la dictature du flux passif.
Ceux qui choisissent l'ADSL sont des surconsommateurs multimédias, qui passent de la télévision à Internet sans oublier la radio… quand ils n'utilisent pas plusieurs médias simultanément.
Mais cette chute de la durée d'écoute s'accompagne également d'une baisse de la part d'audience de ces mêmes chaînes historiques. En cumulé sur la période janvier-juin, celle-ci est passée de 83,8 % à 77,4 %, tandis que dans le même temps celle des autres télévisions a bondi de 16,2 à 22,6 %. Plus spectaculaire encore est l'évolution des nouvelles chaînes de la TNT qui, elles, ont augmenté leur part d'audience de manière considérable en la faisant passer de 4,8 % à 10,2 %.
Pour autant, les audiences qui continuent d'attirer le plus grand nombre de téléspectateurs malgré la fragmentation de la consommation de médias sont réalisées par ces grandes chaînes, seules capables d'investir les sommes nécessaires et de créer des événements réellement fédérateurs. Ainsi, au cours du dernier semestre, le championnat d'Europe de football se situe en tête du palmarès avec cinq des dix meilleures audiences.
On y trouve aussi deux journaux télévisés, dont l'un accueillant l'intervention de François Fillon, ainsi qu'une émission de variétés «Les secrets des enfoirés» , une soirée des Experts et un seul film, Astérix contre César. Huit de ces dix meilleures audiences ont été réalisées par TF1 qui, malgré son érosion, demeure le numéro un incontesté de la télévision en France.
» Les jeunes se convertissent à la vidéo sur internet
» Les coûts grimpent pour les annonceurs
En savoir plus
À la une



