• Rentrée littéraire :
    30 romans à ne pas manquer

    Mohammed Aïssaoui, Françoise Dargent, Dominique Guiou et Jean-Claude Perrier
    19/08/2008 | Mise à jour : 02:36 |
    .

    Auteurs connus, reconnus ou inconnus, ils font la rentrée littéraire 2008. Découvrez-les avec «Le Figaro».

     

    Ils ont déjà conquis le public

     


    Amélie Nothomb (Jean-Baptiste Mondino / Editions Albin Michel)
    Amélie Nothomb s'an­nonce d'emblée comme la reine de la rentrée dans les librairies avec le plus fort tirage du mois de septembre. Le Fait du prince, dix-septième roman de l'auteur belge, a été tiré par Albin Michel à 200 000 exemplaires à l'instar de ses derniers livres qui ont toujours dépassé ce chiffre. Elle le doit à la fidélité sans faille de ses lecteurs, véritables inconditionnels qui ne se lassent jamais de la retrouver à chaque rentrée. Ils ne devraient pas être déçus par ce nouveau cru excentrique. Le Fait du prince est un conte moderne mâtiné d'une intrigue policière. Le thème : un quadragénaire ordinaire prend l'identité d'un riche inconnu venu mourir à sa porte. Il entame une nouvelle vie rêvée dans le pavillon du mort aux côtés de sa veuve. Il fera tout son possible pour faire durer l'imposture.

     


    Yasmina Khadra (Sipa)
    Yasmina Khadra, l'au­teur de L'Attentat (prix des libraires 2006), succès qui sera porté à l'écran par un studio hollywoodien, publie Ce que le jour doit à la nuit (Julliard). C'est une fresque sur l'Algérie coloniale vécue à travers l'histoire de Younes-Jonas dont on suit les pérégrinations, de son enfance dans les années 1930 jusqu'après l'indépendance. Le roman démarre dans le décor au parfum d'agrumes de la ville d'Oran, mais le petit garçon, Younes, vit un drame familial qui sera le point de départ d'une existence chaotique, surtout sur le plan psychologique. Ce que le jour doit à la nuit est aussi l'histoire de deux communautés au destin déchiré qui aiment la même terre. On peut compter sur l'esprit de Yasmina Khadra pour laisser de côté tout manichéisme, comme il l'avait montré avec L'Attentat. 60 000 exemplaires ont été imprimés, c'est l'un des plus gros tirages de la rentrée.

     


    Elie Wiesel (Sipa)
    Elie Wiesel est de retour avec Le Cas Sonderberg (Grasset).La réflexion et l'œuvre du Prix Nobel 1986 tournent autour des mêmes fondamentaux : la judéité, l'identité, la Shoah, la culpabilité et la possibilité du pardon. Ces thèmes irriguent son nouveau roman dont le héros est un jeune Allemand qui se voit accusé par la justice américaine d'avoir tué son vieil oncle.« Coupable et non ­coupable »,plaide Sonderberg. Bien des années après, il révèle à un journaliste juif qui s'était passionné pour son procès la nue vérité : le prétendu grand oncle était un ancien nazi fanatique qui regrettait encore la chute d'Hitler.

     

    Les plus attendus

     


    Éliette Abécassis (Sipa)
    Éliette Abécassis, Mère et fille, un roman (Albin Michel). Elle signe un roman sur les rapports mère-fille. Amour, rivalité, dépendance et émancipation sont décryptés à travers la vie de Sonia et Nathalie, deux créatrices de mode bien connues. Mère et fille, un roman (Albin Michel) débute au Café de Flore pour finir, au plus intime, dans la salle d'accouchement d'un hôpital.

     

    Catherine Cusset, Un brillant avenir (Gallimard). L'atypique Catherine Cusset s'est lancée dans l'ambitieuse entreprise de reconstituer le destin d'une femme, Elena, et de ses proches, depuis sa Bessarabie natale jusqu'aux États-Unis, où ils se sont réfugiés après bien des vicissitudes. Mère courage au caractère difficile et à l'énergie stupéfiante, elle n'a toujours vécu que pour faire le bonheur des siens. Quitte à accabler son fils de sa jalousie lorsque survient une autre femme…

    Jean-Paul Dubois, Les Accommodements raisonnables (L'Olivier). On connaît son goût pour les antihéros. Une nouvelle fois, après Kennedy et moi et Une vie française (prix Femina 2004), Jean-Paul Dubois met en scène avec panache un quinqua en pleine crise de milieu de vie. L'homme partage son temps entre Hollywood, où il est scénariste, et Toulouse, sa ville natale, à la recherche d'un équilibre qu'il a le plus grand mal à trouver.

    Alice Ferney, Paradis conjugal (Albin Michel). L'auteur de La Conversation am­ou­­reuse et de L'Élégance des veuves renouvelle le roman psychologique avec ce Paradis conjugal dont on peut dire que le héros principal est… un film. Tout tourne en effet autour du chef-d'œuvre de Joseph Mankiewicz, Chaînes conjugales, que l'héroïne du livre regarde en boucle sur son écran de télévision. Cette addiction singulière n'est pas du goût du mari délaissé qui menace de quitter le foyer. Qui accepterait que la personne qui partage sa vie regarde tous les soirs, depuis trois mois, le même DVD ? Le lecteur, lui, en redemande. Jamais on avait lu une analyse aussi complète et brillante de ce classique du septième art. Si rien ne va plus pour le couple qu'elle dépeint, la romancière, en revanche, est au meilleur de sa forme. Elle signe un roman subtil sur l'un des grands mystères de la vie : la dégradation d'un amour.

    Laurent Gaudé, La Porte des enfers (Actes Sud) . Le Prix Goncourt 2005 revient à l'Italie par La Porte des enfers. Il offre à ses lecteurs une plongée dans la touffeur napolitaine sur les traces de Matteo, dont le fils a été tué par une balle perdue lors d'une fusillade mafieuse. L'homme, qui n'aura de cesse de se venger, ira jusqu'aux enfers pour retrouver son enfant. Le livre, qui commence par évoquer la perte incommensurable d'un être, plongera alors dans le fantastique.

    Sylvie Germain, L'Inaperçu (Albin Michel). À la suite de la mort prématurée de son mari, une jeune veuve, mère de quatre enfants, engage un homme pour la seconder dans la direction de l'entreprise familiale. Au fil du temps, l'homme providentiel gagne la confiance de tous et devient une sorte d'ange gardien de la tribu. Cet état de grâce durera dix ans. Et puis, un jour, l'homme disparaît sans aucune trace, laissant chacun face à ses interrogations. Sylvie Germain, philosophe de formation, prix Femina en 1989 pour Jours de colère, signe un roman ambitieux, parfois déconcertant, mais toujours passionnant, sur la construction de soi et le rapport aux autres.

    Marie Nimier, Les Inséparables (Gallimard). L'auteur, qui avait touché son public avec La Reine du silence (prix Médicis 2004), poursuit sur cette voie autobiographique avec Les Inséparables (Gallimard). La romancière y évoque l'évolution d'une amitié, enracinée dans l'enfance, entre deux femmes dont l'une finira prostituée et droguée.

     


    Olivier Poivre d'Arvor (Le Figaro)
    Olivier Poivre d'Arvor, Le Voyage du fils (Grasset). Le point de départ de ce roman est un fait divers : une Chinoise sans papiers habitant Belleville se défenestre suite à un contrôle de police qui ne la visait pas. Olivier Poivre d'Arvor imagine le fils de cette femme qui se rend à Paris pour ramener les cendres de sa mère. Ce voyage est une quête d'on ne sait quoi lui-même ? L'auteur brosse également le portrait de personnages que rencontre le jeune homme.

     

    Olivier Rolin, Un chasseur de lions (Seuil). C'est une étonnante biographie romancée qu'offre Rolin. Il s'intéresse à Eugène Pertuiset. Eugène Pertuiset ? On peut voir son portrait sur une toile de Manet exposée à Sao Paulo et lire ses aventures dans un livre vendu en Patagonie. Le personnage, qui aurait exercé les métiers les plus fous, et hérité du titre de chasseur de lions, le pluriel étant usurpé, sert de prétexte à Olivier Rolin pour évoquer avec brio l'histoire de l'impressionnisme et de son époque.

     

    Inconnus aujourd'hui, célèbres demain ?

     

    Avant chaque rentrée littéraire, quelques inconnus font parler d'eux, avant même la sortie de leur livre. On se souvient que Jonathan Littell, l'auteur des Bienveillantes, était donné, il y a deux ans, comme la révélation de septembre dès le mois de juin. Pour d'autres auteurs, qui bien que peu connus n'en sont plus à leurs débuts, on se dit que 2008 pourrait être leur année de consécration.

     


    Tristan Garcia (C. Hélie / Gallimard)

    Côté premier roman, il semble que Tristan Garcia ait déjà pris une longueur d'avance. La Meilleure Part des hommes (Gallimard) brosse le portrait d'une époque, celle des années 1980, et d'une communauté - les homosexuels - dans un style qui n'est pas sans rappeler celui d'un Bret Easton Ellis. C'est fiévreux, fougueux, diablement maîtrisé. L'exploit est d'autant plus étonnant que l'auteur n'a que 27 ans.

    Mathieu Belezi a deux fois l'âge de Tristan Garcia et un ton très éloigné du jeune romancier. C'était notre terre (Albin Michel), son sixième titre, fait la part belle à la poésie. Le récit est écrit comme un long et douloureux chant qui évoque une terre rêvée, puis perdue : six cent cinquante-trois hectares de bonne terre africaine, un domaine baptisé Montaigne, dans la Dahra berbère. Ce roman aurait pu être titré «Les oranges de la colère».

    Avec Le Silence de Mahomet (Gallimard), Salim Bachi s'est attaqué à un défi hors norme : raconter la vie du prophète des musulmans. Ce n'est pas une biographie, mais bien un roman avec toute la force de la fiction. À travers les témoignages de quatre personnages, dont la première et la dernière épouse de Mahomet, l'auteur s'autorise à peindre un homme qui est avant tout un fin politique et un stratège militaire. Il signe une épopée épique.

     

    Polémiques annoncées

     

    Que ce soit à cause du sujet de leur livre ou de leur personnalité, un certain nombre de romancières vont à coup sûr susciter la curiosité. On parlera d'elles plus encore que de leurs livres.

     


    Christine Angot (Sipa)
    Il en va ainsi des deux grandes prêtresses de l'«autofiction», Christine Angot (Le Marché des amants, Seuil) et Catherine Millet (Jour de souffrance, Flammarion). La première raconte sa relation amoureuse avec Bruno (alias le chanteur Doc Gynéco), relation rendue difficile par leurs différences, raciale, culturelle, sociale, géographique. Entre Saint-Germain et La Chapelle, on n'est pas du même monde… L'amour sera-t-il le plus fort ? Réponse en 318 pages serrées. Catherine Millet, de son côté, analyse les conséquences qu'a eues sur sa vie personnelle le formidable succès de La Vie sexuelle de Catherine M. À sa grande stupéfaction, elle découvre la jalousie, elle, le parangon de la «femme libérée». Jalouse, comme n'importe quelle «bourgeoise». Un comble ! Mais l'écriture, une nouvelle fois, va agir comme une thérapie et permettre à la romancière de triompher de cette crise existentielle.

     


    Amanda Sthers (Le Figaro)
    Nina Bouraoui, elle, raconte dans Appelez-moi par mon prénom (Stock) la rencontre entre une romancière et l'un de ses admirateurs, leur passion, dont l'œuvre de l'auteur constitue le cœur même. Amanda Sthers, ex-Mme Bruel, se met dans la peau d'une jeune fille qui se prend pour Keith Richards afin de dire Keith me (Stock) à Mick Jagger.

     

    Anna Rozen, dans La Bombe et moi (Le Dilettante), se dédouble en une paire de jumelles très portées sur la chose, mais qui ne sont d'accord sur rien : surtout pas la façon de draguer. Leur binôme délirant tiendra-t-il le choc ?

    Forte de ses succès précédents, ­Faïza Guène imagine, pour Les Gens du Balto (Hachette Littératures), une intrigue policière qui lui permet de tracer une série de portraits vérité de ces gens de grande banlieue qu'elle connaît bien.

    Fatou Diome, dans Inassouvies, nos vies (Flammarion), tisse une belle et forte amitié entre une jeune femme et sa voisine, une vieille dame.

    Pour finir, une inconnue, Valérie, ex-top-modèle et ancienne vedette d'une émission de téléréalité. Elle raconte ses expériences et ses amours avec l'aide de La Rédaction, un collectif qui lui sert de nègre. Son livre, Valérie par Valérie (Al Dante) est un objet littéraire non identifié.

    .
    .
  • Liens sponsorisés

    .
  • En savoir plus

  • À la une

  • L'Europe lance sa première bibliothèque numérique

    L'Europe lance sa première bibliothèque numérique<br/>

    Le site Euopeana permet de consulter des millions de livres, de peintures, de documents audiovisuels et d'images d'archives en un simple clic.

    .
  • .

    Serge Bramly,
    prix Interallié

    L'attribution de ce prix marque la fin de la saison des prix littéraires.
    » La critique du Figaro Littéraire

    .
    .
  • .

    Chattam, plume
    en série et à succès

    Le jeune auteur français aborde le genre fantastique dans son nouveau livre, «Autre-monde» (Albin Michel), déjà en tête de liste des meilleures ventes, deux semaines après sa sortie. Un virage négocié sans complexe.

    .
    .
  • .

    Mikhaïl Rudy, virtuose et romancier de sa vie

    Le concertiste de notoriété internationale Mikhaïl Rudy raconte dans «Le Roman d'un pianiste, l'impatience de vivre» (éditions du Rocher) la longue hésitation que fut son passage du Rubicon, de la Moscou soviétique jusqu'à Paris, son Éden.

    .
    .
  • .

    Mauriac au premier poste

    De 1959 à 1964, dans «L'Express» puis dans «Le Figaro Littéraire», François Mauriac s'impose comme le premier grand éditorialiste de la télévision. Au menu, «Cinq colonnesà la une», «Lectures pour tous», «La Piste aux étoiles», les émissions d'Étienne Lalou, celles d'Alain Decaux.
    » Les chroniques de Mauriac (pdf)

    .
    .
  • Yann Moix au «Littéraire»

    L'APOSTROPHE d'Étienne de Montety

    .
    .
  • .
  • .

    Cusset remporte
    le Goncourt des lycéens

    VIDÉO - Mathias Enard est le lauréat du prix Décembre.

    .
    .
  • «C'est qui, Thierry Nomembo ?»

    Vu et entendu dans les salons des prix littéraires.

    .
    .
  • Ces stars de Hollywood qu'on singe

    CE QU'ON LIT À… LONDRES - Le livre le plus drôle de l'année est l'autobiographie de Cheeta, le célèbre chimpanzé de Tarzan. Un pastiche hilarant et cruel de l'âge d'or de Hollywood.

    .
    .
.
.