
Charlotte et Marc, tous deux âgés de 27 ans, souhaitent acheter dans les prochains mois un appartement de 3 pièces dans Lyon. Notre couple test gagne 2800 euros, avec respectivement 4 et 3 ans d'ancienneté dans le monde du travail. Marc est chef de projet dans une agence web avec un salaire net de 1800 euros par mois. Charlotte est assistante maternelle dans une crèche pour 1015 euros par mois. Mariés sous le régime de la communauté, ils disposent d'un apport personnel de 20 000 euros et souhaiteraient acheter un appartement de 54m2 vendu 160 000 euros.
Au moment de soumettre leur dossier aux banques, nos tourtereaux n'ont pas pris en compte l'ensemble des frais annexes dans leur plan de financement. C'est notamment le cas des frais de notaires qui représentent 11 700 euros dans leur cas. Résultat, leur apport de 20 000 euros se réduit à 8300 euros pour s'acquitter de cette somme. Ensuite, notre couple n'avait pas chiffré le coût de la garantie de l'emprunt, entre 1200 et 1500 euros. A cela s'ajoutent également des frais de dossier qui, selon les établissements, oscillent entre 850 euros et 2048 euros. L'ensemble de ces frais annexes porte leur besoin de financement entre 154 000 euros et 156 000 euros en fonction des cas.
Par ailleurs, Marc et Charlotte ont droit au prêt à taux zéro (PTZ) à hauteur de 13 200 euros pour un projet dans l'ancien. Dans leur situation, ce crédit est amortissable au maximum sur les huit premières années ce qui représente 142 euros de mensualités supplémentaires. Pourtant, trois banques sur cinq ont jugé que pendant ces 8 années la charge financière serait trop lourde à supporter pour le couple. Elles n'ont donc pas souhaité inclure le PTZ dans le financement. Au contraire, le Crédit Foncier et la Caisse d'Epargne ont réalisé leur simulation en s'appuyant sur le PTZ. Cependant, elles dépassent largement le taux d'endettement couperet de 33%, avec respectivement 35,8% et 35,1%.
Nous avons soumis le dossier de Marc et Charlotte à huit établissements bancaires afin d'obtenir plusieurs propositions de prêt immobilier. Seules cinq banques ont répondu par une simulation de prêt tenant compte de tous les éléments du dossier. La Société Générale est la seule à ne pas proposer un crédit suffisant pour boucler le budget.
Les 2800 euros de revenus par mois de Marc et Charlotte sont tout juste suffisants pour viser un appartement de 160 000 euros. Toutes les simulations proposées par les banques offrent des taux d'endettement compris entre 33% et 36%. Si demain, notre couple venait effectuer, non plus une simulation, mais une réelle demande de prêt avec un compromis de vente signé, un banquier nous confie que «ces simulations ne seraient certainement pas acceptées sans quelques modifications pour passer sous les 33% d'endettement». Entre les taux des prêts immobiliers, les prix élevés des biens et l'application stricte des critères de crédit au niveau des banques, parvenir à boucler un budget comme celui-ci reste très compliqué. Une des banques contactées juge même ouvertement que ces revenus sont «faibles» pour acheter un bien immobilier à ce prix.
LIRE AUSSI
» Immobilier : les taux des prêts baissent légèrement en novembre
En savoir plus
À la une



