« Compétitivité » est un terme à la mode. Jugez plutôt. Il y a une dizaine de jours, Éric Besson, en charge de la prospective économique au sein du gouvernement, remettait à François Fillon un rapport sur les moyens de rendre les clubs de football français « plus compétitifs sur la scène européenne », autrement dit de construire de véritables machines à « produire du jeu » et à marquer des buts. Il y a urgence, car en dépit de la manne des droits télévisés (668 millions d'euros par an), les pensionnaires de la Ligue 1 se contentent toujours de jouer les seconds rôles dans les phases finales de la Champion's League.
Dans la classe politique aussi, la recherche d'une plus grande « compétitivité » conduit l'Élysée et Matignon à vouloir noter leurs ministres. Aux membres du gouvernement les plus productifs en termes de projets de loi et autres réformes, les meilleures notes !
Et en ces temps de tempête économique, où personne n'est à l'abri d'un tsunami financier, pas étonnant que la « compétitivité des entreprises » soit aussi au premier plan des préoccupations des décideurs. Là encore, le moins que l'on puisse dire est qu'il y a du pain sur la planche. Car la dernière étude du cabinet Proudfoot Consulting, sur la productivité mondiale en 2007, nous interpelle. Elle nous apprend que la productivité dans les grandes entreprises mondiales a diminué l'an dernier et que le temps improductif des salariés a augmenté de 2,2 points. Autrement dit, chaque semaine ces derniers consacrent 1,7 jour à des activités non productrices de richesses pour les sociétés qui les emploient. À qui la faute ? Selon les auteurs de cette étude mondiale, notamment à un management incapable de conduire des politiques de changement, d'imposer les choix stratégiques et de donner le « la » en matière d'amélioration de la productivité, et donc de la compétitivité. C'est plutôt inquiétant, non, à l'heure où la reconstruction économique mondiale s'annonce comme le chantier des prochaines années.
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