• Banque-assurance : objectifs d'embauches maintenus

    Christine Piédalu et Christine Lagoutte
    27/10/2008 | Mise à jour : 10:23
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    Moins touchées que leurs concurrentes anglo-saxonnes par la crise financière et confrontées à des départs en retraite massifs, elles poursuivent leurs recrutements, sauf dans les métiers financiers.

    Il faudrait être sur une île déserte pour ne pas entendre parler de la crise financière. Cela dit, si la tourmente et ses conséquences ne sont pas terminées, les recrutements dans les banques et l'assurance ne vont pas s'arrêter pour autant. Même si, d'ici à la fin de l'année, force est de constater qu'un coup d'arrêt a été donné. « Face aux mauvaises nouvelles qui se sont enchaînées depuis septembre, les banques ont levé le pied. Mais on aura une meilleure idée fin novembre des budgets de recrutement pour l'année prochaine. Et il y a d'ores et déjà fort à parier que l'on travaillera beaucoup sur les risques, les process et le respect des procédures. L'idée fixe des banques étant : “Plus jamais cela” », observe Jean-Paul Brette, directeur général du pôle banque, finances, assurances du cabinet Hudson.

    En France, les sociétés d'assurances se sont montrées plutôt plus prudentes que leurs consœurs anglo-saxonnes, estiment les cabinets de recrutement. « Ce sont celles qui ont choisi des produits sophistiqués de type titrisation qui sont impactées. Et mis à part dans le front office de la finance, elles ont aujourd'hui plus de besoins qu'avant », déclare Olivier Gélis, DG de Robert Half France. Résultat, des demandes en commerciaux, mais aussi marketing, comptabilité, audit, finance, actuariat…

    Seuls les traders souffrent

    « Dans le secteur bancaire, la crise touche la banque de financement et d'investissement, mais pas la partie banque de détail », rappelle Antoine Morgaut, directeur Europe de Robert Walters. Les sociétés doivent renouveler une pyramide des âges vieillissante et poursuivre le développement de leur réseau. En 2008 et 2009, le groupe Crédit du Nord conservera les mêmes volumes d'embauches : mille nouveaux collaborateurs, essentiellement dans les fonctions commerciales. Et le rythme sera le même à La Banque postale afin de répondre à son développement.

    La situation est nettement plus contrastée sur les marchés financiers. Traders, analystes, métiers de titrisation… sont en perte de vitesse, tandis que le contrôle est dopé par la crise. « Deux types de postes gardent des niveaux assez élevés : le contrôle interne, contrôle des risques ; et le contrôle des opérations de marché, souligne Vincent Picard, associé chez Fed Finance. Une autre famille devrait offrir des perspectives intéressantes dès le début de l'année, les fonctions commerciales institutionnelles et gestion de fortune. »

    Des domaines dans lesquels les confirmés restent la valeur sûre mais où les juniors ont de belles cartes à jouer. « Les profils de trois à six ans d'expérience, habitués à trop de facilité, vont en revanche devoir accepter de se remettre en question », prévient Antoine Morgaut.

    À l'Essec, très axé sur les métiers financiers, on nuance. « Stages, VIE, apprentissages vont se poursuivre. En revanche, je ne suis pas sûre que la transformation se fasse à la hauteur de l'année dernière sur les offres d'emploi », tempère Séverine Jauffret, directrice relations étudiants-entreprises. Cela dit, pas question pour les banques de stopper les embauches de candidats issus des grandes écoles. Les recrutements vont se poursuivre. Avec un bémol : « Le marché jusque-là très en faveur des candidats se rééquilibre. Les salaires vont donc logiquement se stabiliser », note Olivier Gélis. Autre tendance, l'allongement des délais de décision. « Les délais de recrutement se sont allongés. Notamment parce qu'on implique désormais toute l'équipe dans le choix du candidat et plus seulement le manager. On veut être sûr que l'intégration soit réussie, alors les recruteurs ne prennent aucun risque », observe Julia Lemarchand, responsable éditoriale France du site efinancialcareers.

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