
Après le «ouf» de soulagement sur la croissance française au troisième trimestre, l'inquiétude. Même si Laurence Parisot se refuse au catastrophisme qui alimente le cercle vicieux, la «lucidité et le réalisme» commandent de voir que «la situation est objectivement préoccupante». L'industrie, elle, est bel et bien en récession, l'économie détruit des emplois depuis la fin du premier trimestre et va continuer comme le reconnaît le gouvernement - il attend désormais 90 000 destructions en 2009 dans le secteur marchand quand il espérait 50 000 créations il y a un mois - et la France ne cesse de perdre des parts de marché à l'export.
Si l'investissement des entreprises a tenu au troisième trimestre, le Medef craint un «retournement majeur» au vu de la «décélération de 50 %» des crédits aux entreprises depuis janvier. Néanmoins, 2008 n'est pas 1929 car «le monde n'est pas en récession» et malgré l'allongement considérable des délais de paiement, le niveau atteint est encore inférieur selon la Coface à ce qu'il était lors de précédentes crises, où la croissance mondiale était en outre bien moindre. Il y a donc des possibilités de sortie si on fait les bons choix.
Et pour le Medef qui prépare des propositions pour participer au débat sur la relance économique, il ne faut surtout pas de relance par la consommation qui ne ferait qu'accroître le déséquilibre du commerce extérieur. Si on veut «freiner les délocalisations et les fermetures de site, il faut penser une relance qui stimule la production», et veiller à ne pas favoriser un secteur plus qu'un autre, a averti Laurence Parisot , en notant que le plan de sauvetage des banques avait introduit une distorsion de concurrence.
Il faut aussi tout faire pour baisser les prélèvements : engagé dans des négociations sur la formation et l'assurance-chômage, le Medef juge que l'on peut «faire mieux, moins cher» et que la baisse des cotisations Unedic reste une priorité.
À très court terme, Laurence Parisot s'est de nouveau inquiétée du problème «majeur» de l'assurance-crédit. Elle a demandé à Christine Lagarde d'organiser une réunion entre les assureurs crédits et les représentants des entreprises, l'objectif étant de trouver le meilleur moyen que les premiers ne durcissent pas leurs conditions de vis-à-vis des secondes.
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