
Les prix à la consommation ont continué de décroître de 0,1% en octobre pour le quatrième mois consécutif en France. L'inflation en rythme annuel s'établit désormais à 2,7%, contre 3% en septembre, selon les chiffres publiés jeudi par l'Institut national de la statistique et des études économiques. Le ralentissement de l'inflation s'explique par la baisse très marquée du cours du pétrole brut. Entre son cours le plus haut de juillet à 145 dollars et le niveau actuel (52 dollars le baril de brent à Londres mercredi), le baril de brut a perdu 64% de sa valeur. Même si cette baisse n'est pas entièrement répercutée à la pompe, au cours du mois d'octobre, le prix des carburants a tout de même reculé de 5,6% et celui des combustibles liquides de 8,7%. Globalement les prix de l'énergie ont chuté de 3,7% en octobre, précise l'Insee. Les prix des autres produits manufacturés ont également diminué de 0,1% en raison de la baisse des prix des automobiles neuves. «C'est la quatrième baisse consécutive, donc on est vraiment sur une tendance forte et récurrente», a affirmé la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. «J'espère qu'on finira l'année [avec une inflation] nettement en dessous de 3%, et peut-être en dessous de 2,7%».
Cependant cette baisse des prix de l'énergie est quasiment compensée par de fortes hausses sur des produits de grande consommation. Les prix des produits frais grimpent de 3,6%, les coût liés au logement (loyer, eau et services d'enlèvement des ordures ménagères) s'adjugent 1,3%, les services de santé prennent 0,8%, les transports et les communications croissent de 0,6% et le secteur du prêt-à-porter, habillement et chaussures, augmente de 0,4% rapporte l'Insee. «Après un été où l'écoulement des produits frais aura été difficile», les prix des légumes frais flambent de 9,4% souligne l'Institut national de la statistique.
Christine Lagarde voit dans ce reflux des prix un soutien au pouvoir d'achat : «avec une inflation qui descend de manière régulière depuis quatre mois et dont tout laisse penser que ça va continuer dans les deux mois qui viennent, ça devrait soutenir la consommation». Reste que les consommateurs échaudés par la brusque hausse des matières premières en début d'année demeurent très prudents. Malgré la baisse des prix des carburants, le nombre de kilomètres parcourus en automobile par les Français recule de 1,5% selon la société d'études économiques, BIPE. La baisse des prix est aujourd'hui «la seule bonne nouvelle» dans un environnement économique très sombre, juge de son côté Alexander Law, du cabinet Xerfi. La conjoncture pousse les ménages à réduire leurs dépenses par crainte de l'avenir.
L'Insee publiera vendredi les chiffres de la croissance au troisième trimestre qui devrait confirmer que la France est en récession, même si le gouvernement refuse d'employer ce terme.
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