• Vincent Cassel : «Au public de se faire une idée de Mesrine»

    Propos recueillis par Olivier Delcroix
    23/10/2008 | Mise à jour : 12:37
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    Pour Vincent Cassel «finalement, Mesrine reste toujours une énigme».
    Pour Vincent Cassel «finalement, Mesrine reste toujours une énigme».

    L'acteur porte le personnage sulfureux sur ses épaules sans forcer le trait.

    Mercredi, sort dans 400 salles en France, L'instinct de mort, premier volet du diptyque de Jean-François Richet sur Mesrine. Sans complaisance, mais avec la «patte» d'un grand film noir à la française, ce double long-métrage, au confortable budget de 44 millions d'Euros, évoque la sulfureuse cavale de l'ennemi public n° 1… Depuis sept ans, Vincent Cassel tient le projet sur ses épaules. Décontracté, vif et enthousiaste, l'acteur répond sans détour aux questions.

    LE FIGARO. - Qu'est-ce qui vous a fasciné dans ce projet ?
    Vincent CASSEL. - Tout. Absolument tout. Mais c'est surtout le personnage qui m'a fasciné. En 2001, lorsque le producteur Thomas Langmann m'a fait lire L'Instinct de mort, le livre écrit par Mesrine en détention, je n'avais qu'un vague souvenir du bonhomme. Cet ouvrage a servi de base au projet de Jean-François Richet, et à notre envie mutuelle de le faire. Quand on le lit, on découvre que Mesrine a réinventé sa vie. Il est déjà un personnage de cinéma. L'histoire qu'il raconte est complètement rocambolesque. Bref, il nous a vite paru évident que c'était un bon sujet de cinéma.

    Pourquoi avoir voulu faire un film en deux parties ?
    Thomas Langmann a toujours eu en tête cette idée de diptyque. Cela lui est sans doute venu de son père Claude Berri, qui avait réalisé Jean de Florette et Manon des sources. À l'époque, je me souviens lui avoir dit : «Là, on parle de Pagnol. Mesrine n'est pas Pagnol !» Mais il y croyait dur comme fer. Et puis au fil des mois et de la préparation, je me suis rendu à l'évidence : faire deux films sur la saga Mesrine avait beaucoup d'avantages. Les gens ont envie de retrouver un certain nombre d'événements clés, l'évasion de la Santé, la grotte d'Halatte dans l'Oise avec le journaliste de Minute, et, bien sûr, la scène de la porte de Clignancourt. Mais tout cela fait déjà deux heures. On ne pouvait pas se contenter de faire un film où il n'y aurait eu que de l'action. Il fallait aussi rentrer dans l'intimité du personnage. Que l'on voit son rapport avec sa famille, avec les femmes, avec ses enfants. Les moments où il est seul en cellule. Et pour montrer tout cela, deux films ne sont pas de trop.

    Comment doit-on prononcer le nom de Mesrine ? Avec ou sans le «s» ?
    Normalement, on doit dire «Mérine». À l'école, c'est comme ça qu'on l'appelait. Ses parents s'appelaient comme ça. Ce sont les médias qui, au moment où il a commencé à faire parler de lui, ont écorché son nom, en prononçant le «s». Certains se bornent absolument à l'appeler Mesrine en prononçant bien le «s», comme s'ils montraient de cette manière qu'ils étaient contre le personnage.

    Pour entrer dans le personnage, vous avez pris vingt kilos, un peu comme De Niro dans Raging Bull… Certains pensent que le film ressemble à une sorte de Scarface à la française, qu'en pensez-vous ?
    Non, je ne crois pas. Tout d'abord parce que Scarface n'a pas existé, tandis que Mesrine est ancré dans une réalité qui appartient à son époque. Ensuite, quoi qu'on en dise, aujourd'hui, aucun des meurtres dont on accuse Mesrine n'a pu être prouvé (le film montre pourtant deux meurtres au Canada et un en France perpétrés par Mesrine, NDLR). Il s'est lui-même accusé de 43 assassinats. La justice l'a accusé de six homicides. Finalement, Mesrine reste toujours une énigme. C'est pour cette raison que nous avons tenté de livrer une étude sur le personnage sans forcer le public à choisir une vision plutôt qu'une autre. Est-ce une icône de contre-pouvoir mise en place par une certaine presse de gauche ? Ou bien est-ce juste un gangster sans vergogne qui a fini comme il le devait ? Jean-François Richet a choisi de le filmer au plus près, sans complaisance. Du coup, il revient au public de se faire une idée du bonhomme.

     

    L'interview en vidéo

     

    «Mesrine, l'instinct de mort», drame policier de Jean-François Richet, avec Vincent Cassel, Cécile de France, Gérard Depardieu. Durée : 1 h 53.
    » Retrouvez les séances de « Mesrine, l’instinct de mort » à Paris/IDF avec le FigaroScope

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