• Le contrôleur des prisons épingle un local de rétention

    C.M. (lefigaro.fr) avec AFP
    21/11/2008 | Mise à jour : 13:08
    | Ajouter à ma sélection
    .

    Pour sa première recommandation depuis sa nomination, Jean-Marie Delarue juge le local de Choisy-le-Roi «attentatoire à la dignité humaine».

    Au lendemain d'un rapport du Conseil de l'Europe dénonçant le «risque d'arbitraire» des centres de rétention, le Contrôleur général des prisons en remet une couche : dans sa première recommandation depuis sa nomination, le 11 juin dernier, il dénonce un hébergement «attentatoire à la dignité humaine» au sein du local de rétention administrative (LRA) * de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne).

    Une enfilade de pièces qui ne respectent aucune intimité - C'est là que, durant huit heures, Jean-Marie Delarue avait effectué sa première visite le 8 juillet dernier. Dans ses recommandations de deux pages, qui feront l'objet d'une prochaine parution au Journal officiel, il constate que «les quatre chambres, dont l'une est réservée aux femmes, sont en enfilade» et que «les hommes retenus, pour accéder aux sanitaires, doivent donc passer devant la chambre des femmes» qui est «séparée du couloir par une paroi entièrement vitrée, que rien ne peut obturer». Même si des «motifs de sécurité» peuvent expliquer un tel agencement, cette exigence ne saurait l'emporter sur le respect de l'intimité à laquelle chacun a droit», ajoute le Contrôleur. «Cette manière de faire est attentatoire à la dignité humaine et aucune prescription de sécurité ne saurait la justifier», insiste-t-il, estimant que «de telles installations doivent au plus vite disparaître». Il recommande la pose d'un film opaque sur la vitre.

    Des locaux pas conçus à cet effet - Globalement, le Contrôleur constate que «les locaux de rétention ont été installés dans des lieux dont la destination initiale n'était pas, en général, la rétention des étrangers». Ainsi, les sept pièces composant le LRA de Choisy (quatre chambres, une salle de détente, un vestibule, un local destiné à la garde, sans compter les sanitaires) «ont été conçues dans des pièces à usage initial de bureaux», en l'occurrence dans un commissariat. Il recommande ainsi de «rechercher à moyen terme l'implantation des locaux de rétention dans des immeubles conçus à cet effet».

    Des visites compliquées - En outre, les visites que peuvent recevoir les personnes retenues «se déroulent dans des conditions peu satisfaisantes». Les entretiens se passent «dans un couloir où aucun siège n'est proposé» et sont «limités à une durée de vingt minutes (...) sans qu'aucune raison clairement établie justifie ce délai». «Des facilités accrues doivent être données» aux visites, écrit le Contrôleur.

    Une formation à améliorer - Jean-Marie Delarue recommande aussi une meilleure formation des policiers de garde, qui «n'ont pas reçu dans l'enseignement qui leur a été dispensé d'éléments utiles pour gérer, dans un espace étroit et dans un temps prolongé, une relation avec des personnes physiques incertaines de leur sort».

    Des éléments «positifs» - Au nombre des «éléments positifs» relevés lors de la visite, le Contrôleur évoque une «hygiène rigoureuse», «des conditions satisfaisantes» d'accès pour les avocats ou un «accès aux soins et aux traitements assuré».

    * Les LRA sont des lieux de capacité plus réduite que les centres de rétention administrative (CRA) par où transitent les étrangers en situation irrégulière. Le passage en LRA ne peut excéder 48 heures.

    Imprimer
    .
    Partager
    .
    Envoyer
    .
    S'abonner
    .
    Imprimer
    .
    Partager
    .
    Envoyer
    .
    S'abonner
    Mobile
    3D
    .
    .
  • Liens sponsorisés

    .
  • En savoir plus

  • À la une

  • Une lycéenne poignardée
    à mort par une camarade

    INFO FIGARO - Le drame, d'une violence inouïe, pourrait être le résultat d'une querelle amoureuse.

    .
  • Samy Naceri en garde à vue pour «tentative d'homicide»

    Samy Naceri en garde à vue pour «tentative d'homicide»<br/>

    L'acteur a attaqué au couteau un ami d'une de ses proches. La victime a une veine sectionnée à la gorge mais ses jours ne sont pas en danger.

    .
  • L'étrange combat judiciaire
    d'un mort-vivant

    Déclaré mort par l'administration française, André Poirier a désormais une vie d'enfer. Le jugement devant le «ressusciter» est attendu vendredi. Explications.

    .
    .
  • La vague de froid va perdurer

    La vague de froid va perdurer<br/>

    Les températures glaciales devraient perdurer jusqu'à dimanche mais le redoux pourrait commencer en début de semaine prochaine. Dans le sud, le trafic revient progressivement à la normale, vendredi.
    » La météo de votre commune

    .
  • Antisémitisme : quatre collégiens
    mis en examen à Pontoise

    Soupçonnés d'avoir agressé lundi une adolescente juive, ils sont poursuivis pour «violences volontaires» liées à «l'appartenance de la victime à un groupe religieux».
    » INTERVIEW - Prasquier (Crif) : «Ne surtout pas importer le conflit en France»

    .
    .
  • .

    Angolagate : Courroye contre-attaque

    INTERVIEW - Attaqué par la défense de plusieurs prévenus, le magistrat qui a instruit le dossier de l'Angolagate sort du silence.

    .
    .
  • .

    Le mouvement lycéen peine à rebondir

    Seuls 10.000 jeunes ont manifesté en France jeudi, malgré l'appel des organisations lycéennes à la mobilisation après la pause de Noël.

    .
    .
  • .

    Les tourments
    du clan Colonna

    Le procès en appel du «berger de Cargèse», reconnu coupable en première instance du meurtre du préfet Claude Erignac, s'ouvrira dans un mois à Paris.

    .
    .
  • Comment une poignée de grévistes désorganise la gare Saint-Lazare

    Après un mois de perturbation, une nouvelle grève doit débuter lundi à la gare Saint-Lazare à Paris. L'endurance des cheminots est liée à une disposition du droit du travail qui leur permet de ne faire grève que pendant 59 minutes par jour.

    .
    .
  • Crash de Perpignan : les boîtes noires vont pouvoir être exploitées

    Les données des enregistreurs de vol de l'Airbus A 320 tombé en mer le 27 novembre avec sept personnes à bord ont finalement pu être lues directement sur les mémoires informatiques et devraient permettre une reconstitution.

    .
    .
.
.